Lettre au Papa Noël

Cher Papa Noël,

Puis je encore t’appeler Papa Noël? Moi qui ai longtemps cru en toi…

Comme ce jour du 24 décembre 1974 où je me suis réfugiée derrière la porte de la cave de notre grande maison rue Marcourt. Cette maison que j’adorais tant… Pour…

Etre seule et ouvrir tranquillement  mon merveilleux cadeau.

Tel était mon souhait le plus ultime! 4 ans et j’avais déjà compris le mot « solitude ».

Comme si je réalisais que nous venons sur terre pour vivre…Seul.

Oh, comme ces douze coups de minuit me paraissaient lents…Trépignante d’exaltation…

Oui ce temps ou attendre avec impatience avait encore du sens.

Ce cadeau je l’attendais de tout mon cœur.

Ce cœur qui battait la chamade et qui me fait toujours autant défaut!…Moi la passionnée, celle que personne n’arrive a gérer et  qui insupporte beaucoup mon entourage…

Je me souviens très bien de ce Noël, et pourtant je n’avais que 4 ans.

Maman  t’avait délicatement écrit de ma part, te demandant de m’offrir un merveilleux « Joujou.

Comme cette période de Décembre m’égayait et me rendait fragile.

Mes parents travaillaient beaucoup et gagnaient peu, mais ils ne négligeaient jamais les réveillons des fêtes de fin d’année!

Leur seul et unique but était de nous combler, mon frère et moi.

Je me souviens qu’une année sur deux, ils réunissaient toute notre famille autour du sapin.

Deux jours de festivité! Deux jours de partages, de rires, de chants, de danses!

Où sont passées ces années folles?

A minuit, nous allions à la messe…traversant les flocons de neige et le vent! Puis nous rentrions heureux, chantonnant à tue-tête dans les rues de Boulogne  sur mer « Il est né le divin enfant »!

Un repas gargantuesque  ornant de part et d’autre la grande table, magnifiquement décorée par Maman nous attendait.

Jusqu’au bout de la nuit, les victuailles faisaient place dans nos assiettes… A nous fendre la panse!

Nous n’échappions pas aux huîtres, au délicieux chapon fourré de marrons glacés,et en fin de nuit, aux craquelins et à la fameuse soupe à l’oignon.

Comme c’était un plaisir  de voir mes parents unis, s’aimant et heureux.

Un immense plaisir pour moi oui je l’avoue … D’observer  tous les miens…Joyeux et libres! A cette époque, nous étions encore légers et sereins.

Je me souviens que vers la saint Nicolas, maman nous fabriquait une chaussette aux couleurs verte et rouge! Elle y glissait tous les jours des petites pièces en chocolat, des clémentines et des sucres d’orge! Des pâtes d’amande! Maman…Si douce et si belle.

Mes grands parents, tantes, oncles, cousins et cousines arrivaient vers  19 heures …Accompagnés de nourriture, de vins et de champagne! Tout le monde participait à ces moments intenses. Ils arrivaient les bras chargés de cadeaux simples… Achetés avec le cœur.

Et Cette année  là, tu as exaucé mon vœu! Dans le paquet cadeau immense, tu y as glissé la dînette en porcelaine de mes rêves.

Enfermés dans une valisette rose, se mêlaient grandes et petites assiettes, bols et tasses à café! Une magnifique dînette! Une dînette qui avait du coûter une fortune.

Je réalise que mes parents et j’en suis même sûre, avaient certainement dû économiser beaucoup d’argent pour m’offrir mon voeu.

Cette année là, tu m’as aussi offert une poupée que j’ai longtemps gardé… Une bien belle poupée qui marchait toute seule! Et à qui je confiais tous mes secrets!

Comme je regrette ces Noëls qui n’existent plus aujourdhui.

Le temps a passé et j’ai grandi.

Et puis j’ai moi aussi fait mes Noëls!

J’ai moi aussi gâté les miens.

J’ai eu cette chance de voir dans le regard embué de mes enfants tout le bonheur que l’on peut donner avec le cœur… Avec l’amour.

Aujourd’hui le temps passe, et ces moments de partages aussi.

Notre société a muté.

Les traditions se perdent peu à peu laissant place à la sur-consommation et au va-vite.

Apprécions nous encore la magie de Noël? Je crains que non.

Nous sommes plus préoccupé a vite nous débarrasser des achats de Noël, qui pour certains sont devenus de l’ordre de la corvée,  que de celle du plaisir.

Plus vite ce sera passé, plus vite on sera tranquille a porter le dernier pull de chez Zadig, où a surfer sur notre Mac Book Pro!

Ah le monde virtuel fait de faux…

Apprécions nous encore nos cadeaux? Je crains que non!

Nous passons notre temps toute l’année  a acheter pour calmer notre quotidien si terne et si difficile noyé par les mauvaises nouvelles de notre « TV poubelle ».

Nous ne différencions même plus les moments symboliques de la vie.

Nos enfants sont pourris gâtés, et ne comprennent pas quand nous leur expliquons que Noël ce n’est pas tous les jours, et qu’il faut parfois attendre… Plutôt  que de trépigner sur le dernier jouet à la mode.

Et puis où est passée notre bonne vieille neige qui tombait souvent à cette date précise du 24 Décembre.

Disparue! Grâce aux chamboulements climatiques! Désespérément disparue!

Alors tu vois Papa Noël, en 40 ans, ma vie m’a souvent éblouie mais de plus en plus , déception  et souffrance, tristesse secrète sous une gaieté de surface, me rattrape.

Georges Sand a dit: « Il faut une âme forte en générosité pour résister au découragement qui naît de la déception »…

J’aimerai pouvoir dire que ceux qui ont fait partie de ma vie puis en sont sortis, et ceux qui m’entourent aujourd’hui  ont de jolies et généreuses âmes… Mais malheureusement je n’en suis pas sûre.

Parce que aujourdhui aimer  ne veut plus dire grand chose… Parce que donner c’est avant tout vouloir satisfaire notre égo. C’est avant tout penser à soi avant de penser à l’autre. Parce que c’est compenser le manque d’amour que nous ne sommes plus en mesure d’offrir … Parce que blessés… Alors nous nous cachons en achetant pour combler… Puis nous consommons et nous jetons. Nous jetons tout et très vite.

J’aimerai parfois que certaines personnes réalisent par mes petites attentions délicates tout ce que je fais pour les rendre heureux…même si il ne faut jamais attendre en retour.

Alors Papa Noël j’ai un vœu cette année que j’espère tu exauceras.

J’aimerai que ceux qui partagent ma vie réalisent  à quel point je les aime et combien parfois ils me blessent.

Qu’ils réalisent oh combien je leur suis dévouée et à quel point je souhaite leur bonheur.

Qu’ils ne banalisent  pas ces instants magiques, quand ils passeront à table et qu’ils découvriront ma table de Noël que j’aurais décorée avec Amour, pour eux…

Qu’ils prendront le temps  de savourer mes bons petits plats!

Qu’ils seront émerveillés de se retrouver face au sapin devant tous leurs cadeaux bien emballés!

Oui Papa Noël, je n’ai qu’un voeu à te demander:

Redonnes aux gens de la lumière dans leur cœur, de la bonté dans leur âme et de la douceur à ceux qui se sont égarés de leur route et  de l’essentiel… L’Amour.

Il n’est jamais trop tard pour raviver les cœurs perdus.

La Plume De Flo.

 

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6 réflexions au sujet de « Lettre au Papa Noël »

  1. Anonyme

    C’est un très bel article et j’y suis durant plus sensible que vous décrivez si bien un temps révolu, celui du réveillon de Noël en allant à la messe de minuit dans la neige, le cadeau unique que nous attendions toute une année, la famille, les cousins autour de nous. .. la magie de Noël qui n’existe plus… … merci à vous pour ce billet emprunt de beaucoup d’humanité mais aussi d’amertume et de nostalgie. …

    Aimé par 1 personne

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